đ„L’ĆUF
Bonjour, cher lecteur;
Dans l’article d’aujourd’hui, je souhaite partager avec toi un conte destinĂ© aux esprits profonds...
« L’ĆUF »
par Andy Weir (célÚbre auteur de science-fiction, notamment connu pour ce récit)
Tu rentrais chez toi lorsque tu es mort.
Un accident de la route. Rien de spectaculaire, mais fatal tout de mĂȘme.
Tu as laissé derriÚre toi une épouse et deux enfants.
Ta mort fut indolore. Les ambulanciers ont tout tentĂ© pour te sauver, mais en vain. Ton corps Ă©tait si gravement atteint qu’au fond, c’Ă©tait mieux ainsi, crois-moi.
Et c’est alors que nous nous sommes rencontrĂ©s.
— Quoi… Que s’est-il passĂ© ? as-tu demandĂ©. OĂč suis-je ?
— Tu es mort, ai-je rĂ©pondu sans dĂ©tour. Pas la peine de tourner autour du pot.
— Il y avait… un camion, et il dĂ©rapait…
— Oui, ai-je dit.
— Je suis… mort ?
— Oui. Mais ne t’en fais pas pour ça. Tout le monde meurt.
Tu as regardĂ© autour de toi. Il n’y avait rien. Juste toi et moi.
— C’est quoi, cet endroit ? L’au-delĂ ?
— Plus ou moins.
— Vous ĂȘtes Dieu ?
— Oui, je suis Dieu.
— Mes enfants… ma femme…
— Qu’en est-il ?
— Est-ce qu’ils vont aller bien ?
— J’aime ça. Tu viens Ă peine de mourir, et ta principale prĂ©occupation est ta famille. C’est trĂšs bien.
Tu m’as observĂ© avec Ă©tonnement.
Je ne te ressemblais pas Ă l’idĂ©e que tu te faisais de Dieu. J’avais l’air d’un simple humain. Peut-ĂȘtre une femme. Une silhouette floue, une figure d’autoritĂ© quelconque. Plus proche d’un professeur de grammaire que du Tout-Puissant.
— Ne t’en fais pas. Ils iront bien. Tes enfants se souviendront de toi comme d’un homme parfait. Ils n’auront pas eu le temps de te reprocher quoi que ce soit. Ta femme pleurera extĂ©rieurement, mais au fond, elle ressentira du soulagement. Ă vrai dire, ton mariage battait de l’aile. Si ça peut te consoler, elle se sentira coupable de ce soulagement.
— Oh… Et maintenant, que va-t-il se passer ? Je vais au paradis ? En enfer ? Un truc comme ça ?
— Ni l’un ni l’autre. Tu vas te rĂ©incarner.
— Ah, donc les hindous avaient raison !
— Toutes les religions ont raison, Ă leur maniĂšre, ai-je rĂ©pondu. Viens, marchons ensemble.
Tu m’as suivi dans le nĂ©ant.
— OĂč allons-nous ?
— Nulle part en particulier. C’est agrĂ©able de marcher pendant qu’on parle.
— Alors, Ă quoi bon ? Quand je renaĂźtrai, je ne me souviendrai de rien, non ? Une simple ardoise vierge, un bĂ©bĂ©. Tout ce que j’ai vĂ©cu dans cette vie n’aura servi Ă rien.
— Pas exactement. Tu emportes avec toi toutes les expĂ©riences de tes vies passĂ©es. Simplement, tu ne t’en souviens pas pour le moment.
Je me suis arrĂȘtĂ©, et je t’ai pris par les Ă©paules.
— Ton Ăąme est bien plus vaste, magnifique et extraordinaire que tu ne peux l’imaginer. Un esprit humain ne peut en contenir qu’une infime part. C’est comme tremper un doigt dans un verre d’eau pour en sentir la tempĂ©rature. Tu places une petite partie de toi dans un corps humain, et en la retirant, tu en as appris quelque chose.
— Tu Ă©tais dans un humain pendant les 48 derniĂšres annĂ©es, alors tu n’as pas encore pu dĂ©ployer toute ta conscience. Si nous restions ici assez longtemps, tu te souviendrais de tout. Mais cela n’a pas d’intĂ©rĂȘt entre chaque vie.
— J’ai Ă©tĂ© rĂ©incarnĂ© combien de fois ?
— Oh, beaucoup. Un nombre incalculable de fois. Dans des tas de vies diffĂ©rentes.
— Et cette fois-ci ?
— Tu vas ĂȘtre une paysanne chinoise en 540 av. J.-C.
— Attends… Quoi ? Tu m’envoies dans le passĂ© ?
— Techniquement, oui. Le temps, tel que tu le connais, n’existe que dans ton univers. LĂ d’oĂč je viens, c’est un peu diffĂ©rent.
— Et vous venez d’oĂč, exactement ?
— D’un endroit. Un autre lieu. Et lĂ -bas, il y en a d’autres comme moi. Je sais que tu voudrais savoir Ă quoi cela ressemble, mais honnĂȘtement, tu ne comprendrais pas.
— Oh… Attends une seconde… Si je me rĂ©incarne Ă travers le temps, j’ai pu interagir avec moi-mĂȘme ?
— Bien sĂ»r. Ăa arrive tout le temps. Et avec deux vies n’ayant conscience que d’elles-mĂȘmes, tu n’as aucun moyen de le savoir.
— Mais quel est le but de tout ça ?
— Tu me demandes vraiment quel est le sens de la vie ? Ce n’est pas un peu clichĂ© ?
— Peut-ĂȘtre, mais c’est une question valable.
Je t’ai regardĂ© dans les yeux.
— Le sens de la vie, la raison pour laquelle j’ai créé cet univers, c’est pour que tu mĂ»risses.
— Tu veux dire… l’humanitĂ© ?
— Non. Toi. Je t’ai créé, toi, cet univers entier, rien que pour toi. Ă chaque vie, tu grandis, tu mĂ»ris, tu deviens plus conscient, plus vaste.
— Juste moi ? Et les autres ?
— Il n’y a pas d’autres. Dans cet univers, il n’y a que toi… et moi.
Tu m’as regardĂ© fixement, sans expression.
— Mais… toutes les personnes sur Terre…
— Elles sont toi. Toutes des incarnations diffĂ©rentes de toi.
— Tu veux dire que… je suis tout le monde ?
— VoilĂ . Tu commences Ă comprendre.
— Je suis chaque ĂȘtre humain ayant existĂ© ?
— Et chaque ĂȘtre humain qui existera.
— Je suis Abraham Lincoln ?
— Et tu es aussi John Wilkes Booth.
— Je suis Hitler ?
— Et les millions qu’il a tuĂ©s.
— Je suis JĂ©sus ?
— Et tous ses disciples.
Tu es resté silencieux.
— Chaque fois que tu fais du mal Ă quelqu’un, c’est Ă toi-mĂȘme que tu le fais. Et chaque acte de bontĂ© que tu accomplis, tu te l’offres Ă toi-mĂȘme. Chaque moment de joie et chaque souffrance vĂ©cue par un humain, tu les as vĂ©cus, ou tu les vivras.
Tu as réfléchi longuement.
Puis tu m’as demandĂ© :
— Pourquoi ? Pourquoi faire tout ça ?
— Parce qu’un jour, tu deviendras comme moi. Parce que c’est ce que tu es. Tu es un de mes semblables. Tu es mon enfant.
— Attendez… vous dites que je suis un dieu ?
— Pas encore. Tu es un embryon. Tu grandis encore. Et quand tu auras vĂ©cu chaque vie humaine Ă travers toutes les Ă©poques, tu seras assez mĂ»r pour naĂźtre.
— Alors, tout l’univers, c’est juste…
— Un Ćuf.
Et maintenant, il est temps pour toi d’aller vivre ta prochaine vie.
Et je t’y ai envoyĂ©.
Reçois une Ă©treinte du cĆur, et n’oublie pas de partager.
đđđđ
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